Les inondations favorisent la propagation du paludisme dans le district de Kanyakumari

Les inondations favorisent la propagation du paludisme dans le district de Kanyakumari

Dans le sud de l’Inde, le district de Kanyakumari illustre un lien étroit entre les inondations et l’augmentation des cas de paludisme. Cette région côtière, marquée par des paysages variés allant des plaines aux collines, subit régulièrement des pluies intenses lors des moussons. Ces précipitations créent des conditions idéales pour les moustiques, vecteurs de la maladie, en laissant des étendues d’eau stagnante.

Une analyse détaillée révèle que près de 28 % du territoire se situe dans des zones à risque élevé ou très élevé d’inondation, notamment le long des rivières, dans les plaines inondables et sur le littoral sud. Ces mêmes zones abritent des foyers de paludisme, bien que ceux-ci ne couvrent que 2 % de la superficie totale. Pourtant, ils concentrent l’essentiel des cas déclarés entre 2020 et 2024. Cette coïncidence spatiale s’explique par l’accumulation d’eau après les crues, qui offre un environnement propice à la reproduction des moustiques.

Les données épidémiologiques montrent une baisse régulière des cas, passant de 22 en 2020 à seulement 4 en 2024, sans décès enregistré. Cette amélioration s’explique par les efforts de contrôle des vecteurs et les campagnes de diagnostic précoce menées par les autorités locales. Cependant, la persistance de cas dans les zones inondables prouve que le risque subsiste, surtout lors d’épisodes climatiques extrêmes.

Les zones les plus touchées se caractérisent par une faible altitude, des pentes douces et une densité de drainage élevée. Ces conditions favorisent à la fois les inondations et la stagnation de l’eau, deux facteurs clés pour la transmission du paludisme. Les régions en altitude ou aux pentes prononcées, en revanche, enregistrent peu ou pas de cas, grâce à un meilleur écoulement des eaux.

La densité de population joue également un rôle majeur. Les zones urbaines et périurbaines, où les habitants sont nombreux et les infrastructures sanitaires parfois défaillantes, voient une transmission plus rapide de la maladie. À l’inverse, les zones rurales et peu peuplées, bien que moins surveillées, semblent moins exposées.

Les routes et les centres de santé influencent aussi la dynamique de la maladie. Les zones éloignées des structures médicales connaissent des retards de diagnostic et de traitement, prolongeant ainsi les périodes de transmission. De même, les abords des routes, où l’eau s’accumule dans les fossés ou les nids-de-poule, deviennent des lieux de ponte pour les moustiques.

Cette étude met en lumière une évolution importante : le paludisme, autrefois répandu dans tout le district, se concentre désormais dans des foyers précis, directement liés aux zones inondables. Ce changement invite à repenser les stratégies de santé publique. Plutôt que des campagnes généralisées, des actions ciblées dans ces zones à risque permettraient une meilleure efficacité. Cela inclut la surveillance renforcée des points d’eau stagnante, la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide et des pulvérisations localisées après chaque épisode de crue.

Les résultats confirment que la gestion des inondations et la prévention du paludisme ne peuvent être dissociées. Une approche intégrée, combinant la cartographie des risques hydrologiques et la surveillance épidémiologique, offre un outil puissant pour anticiper les foyers de maladie et adapter les interventions. Cette méthode pourrait servir de modèle pour d’autres régions côtières exposées à des défis similaires.


À propos de nos sources

Étude citée

DOI : https://doi.org/10.1186/s40677-026-00388-2

Titre : Assessing flood-induced malaria risk using integrated geospatial modelling and epidemiological indicators in Kanyakumari District, India

Revue : Geoenvironmental Disasters

Éditeur : Springer Science and Business Media LLC

Auteurs : Atisha Sood; Vignesh K.S.; V. N. Prapanchan

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