La pollution de l’air accélère les décès prématurés liés aux maladies chroniques en Inde
En Inde, la pollution atmosphérique représente un danger persistant pour la santé publique, contribuant à une hausse des décès prématurés causés par des maladies chroniques. Les fines particules en suspension dans l’air, capables de pénétrer profondément dans les poumons et la circulation sanguine, aggravent les risques de maladies cardiovasculaires, de cancers, de troubles respiratoires et de diabète. Entre 1990 et 2019, l’exposition à ces particules a régulièrement dépassé les seuils recommandés, avec des pics dépassant 75 microgrammes par mètre cube dans les années 2010, soit bien au-delà des normes sanitaires internationales.
Pendant cette période, le nombre de décès prématurés dus aux maladies chroniques a fortement augmenté. Les maladies cardiovasculaires restent la première cause, passant de 724 000 décès en 1990 à plus de 1,4 million en 2019. Leur part dans la mortalité globale est restée stable, confirmant leur poids constant dans le fardeau sanitaire du pays. En revanche, le diabète a connu la progression la plus marquée : les décès qui lui sont attribuables ont presque triplé, passant de 55 000 à plus de 153 000, reflétant l’épidémie croissante liée aux changements de mode de vie et à l’urbanisation. Les cancers, quant à eux, ont vu leur nombre doubler, atteignant plus de 529 000 décès annuels, en raison du vieillissement de la population et de l’adoption de modes de vie moins sains.
Les analyses révèlent un lien entre l’exposition aux particules fines et l’augmentation des décès prématurés, bien que cet impact ne soit pas immédiat. En effet, les effets les plus nets apparaissent deux ans après l’exposition, suggérant que la pollution agit de manière progressive, par l’accumulation de dommages dans l’organisme. Les maladies respiratoires chroniques, bien que toujours présentes, ont vu leur part relative diminuer, éclipsées par la croissance plus rapide du diabète et des cancers.
Les facteurs socio-économiques jouent également un rôle clé. Le revenu par habitant, l’espérance de vie et la consommation d’énergie influencent à la fois les niveaux de pollution et les tendances de mortalité. Ainsi, même si une réduction immédiate de la pollution ne se traduit pas par une baisse instantanée des décès, une amélioration durable de la qualité de l’air, combinée à des progrès socio-économiques, pourrait atténuer les risques à long terme. Les politiques publiques doivent donc intégrer à la fois la lutte contre la pollution et le renforcement des systèmes de santé pour limiter l’impact des maladies chroniques.
À propos de nos sources
Étude citée
DOI : https://doi.org/10.1186/s12982-026-02312-3
Titre : Ambient air pollution and premature mortality from noncommunicable diseases in India using sustainable development goal indicators
Revue : Discover Public Health
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Bibin Bose