Le changement climatique a-t-il aggravé les inondations causées par le cyclone Idai au Mozambique ?
En mars 2019, le cyclone tropical Idai a frappé le Mozambique et provoqué des inondations dévastatrices. Une nouvelle approche scientifique montre comment le changement climatique a amplifié ces catastrophes. Les chercheurs ont analysé l’influence de trois facteurs principaux : la montée du niveau de la mer, l’augmentation des vents violents et l’intensification des pluies.
La hausse du niveau de la mer et la force accrue des vents ont surtout augmenté les dégâts matériels. Ces éléments ont accru les dommages de 6 à 27 pour cent par rapport à une situation sans réchauffement. En revanche, leur impact sur l’étendue et le volume des inondations reste limité, avec une progression de seulement 0,1 à 0,8 pour cent. À l’inverse, les pluies plus intenses, liées au climat actuel, ont surtout élargi les zones inondées et gonflé le volume d’eau de 5 à 19 pour cent. Pourtant, leur contribution aux destructions reste modeste, entre 2 et 8 pour cent.
Lorsque ces trois facteurs agissent ensemble, les dégâts atteignent leur niveau le plus élevé, avec une hausse pouvant aller jusqu’à 35 pour cent. Cela s’explique par une relation complexe entre l’intensité des inondations et leurs conséquences. Une inondation plus forte ne se traduit pas toujours par une surface inondée plus grande, mais elle peut détruire davantage d’infrastructures et de logements.
Les cyclones tropicaux comme Idai combinent souvent plusieurs causes d’inondation : les pluies abondantes, les crues des rivières et les submersions côtières. Ces événements sont difficiles à étudier avec les méthodes classiques, car ils dépendent de nombreux éléments comme le relief, l’utilisation des sols ou l’état des bassins versants. Les régions pauvres et vulnérables, comme celles d’Afrique de l’Est, manquent souvent de données pour évaluer ces risques. Pourtant, elles subissent de plein fouet les effets du changement climatique.
Les scientifiques ont utilisé une méthode appelée « attribution par scénarios ». Celle-ci ne se contente pas de calculer des probabilités, mais examine comment chaque facteur climatique influence séparément les inondations et leurs impacts. Cette approche permet de mieux comprendre les mécanismes en jeu, même dans des zones où les informations sont rares.
Les résultats soulignent l’importance d’étudier l’ensemble des causes pour mesurer l’impact réel du climat. Les politiques de prévention et d’adaptation pourraient ainsi cibler plus efficacement les populations les plus exposées. Cette méthode pourrait s’appliquer à d’autres régions du monde régulièrement touchées par les cyclones. Elle offre un outil précieux pour combler le manque d’analyses dans les pays les moins équipés.
À propos de nos sources
Étude citée
DOI : https://doi.org/10.5194/nhess-26-1417-2026
Titre : Climate and impact attribution of compound flooding induced by tropical cyclone Idai in Mozambique
Revue : Natural Hazards and Earth System Sciences
Éditeur : Copernicus GmbH
Auteurs : Doris M. Vertegaal; Bart J. J. M. van den Hurk; Anaïs Couasnon; Natalia Aleksandrova; Tycho Bovenschen; Fernaldi Gradiyanto; Tim W. B. Leijnse; Henrique M. D. Goulart; Sanne Muis